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Tribunes et décryptages - 7 juin 2006
Ex-Yougoslavie : des regrets atlantistes ?
Décryptage
Le 21 mai 2006, 55,5 % des électeurs monténégrins ont approuvé par référendum la séparation du Monténégro et de la Serbie. Ce résultat dépasse de peu le seuil exigé par l’Union européenne pour reconnaître l’indépendance monténégrine (55 % des suffrages exprimés). La Serbie, dont la population n’a pas été consultée, a reconnu cette indépendance mettant un terme définitif à l’existence de l’État de Serbie-Monténégro, dernier avatar de la Yougoslavie. Il s’agit d’une étape supplémentaire, mais sans doute pas ultime, de l’éclatement des Balkans en micro-États ethniquement ou religieusement homogènes. Les liens entre la Serbie et le Monténégro n’ayant pas cessé de se distendre, cette issue était prévisible et certains estiment qu’il s’agit in fine d’un non-événement qui n’a pas d’ailleurs pas fait couler beaucoup d’encre.
Toutefois, bien que peu nombreuses ou peu développées, les réactions de la presse dominante européenne à l’indépendance du Monténégro manifestent un changement d’appréciation de la situation dans les Balkans. Dans le passé, l’éclatement de la Yougoslavie était perçu positivement. On dressait l’éloge de MM. Tudjman, Izetbegovic ou Rugova et on légitimait leurs visées séparatistes. Aujourd’hui, l’indépendance du Monténégro est présentée dans la presse européenne avec beaucoup plus de circonspection bien qu’elle marque une continuité. Autrefois on s’enthousiasmait pour la vaillance des « résistants albanais » à un nationalisme serbe dont on exagérait les crimes, aujourd’hui on s’alarme de la réaction en chaîne que pourrait provoquer la naissance du micro-État monténégrin. Les réactions semblent illustrer l’appréhension des cercles euro-atlantistes face à un processus qu’ils ont soutenu mais qu’ils craignent de ne plus contrôler.
L’analyse que la rédactrice en chef adjointe du service étranger du Figaro, Isabelle Lasserre, livre dans le quotidien conservateur français est révélatrice. L’auteur soulève les risques pour la région que pourrait faire courir un réveil des aspirations ethniques, en Bosnie notamment. Toutefois, se raccrochant à la doxa qui s’est développée ses 15 dernières années concernant la question de l’ex-yougoslave, elle espère qu’une issue positive naîtra de cette nouvelle indépendance. Ainsi, elle imagine, en se référant à l’analyse de l’International Crisis Group, que cet arrêt de mort officiel de la « grande Serbie » permettra à cette dernière de se tourner vers l’intégration européenne.
L’ancien ministre tchécoslovaque des Affaires étrangères et rapporteur de l’UNHCR dans les Balkans, Jiri Dienstbier, se montre lui aussi légèrement circonspect dans le Korea Herald. Avec l’indépendance du Monténégro, il craint que les tensions ethniques et les réclamations micro-nationalistes se réveillent. Il redoute particulièrement les tensions au Kosovo et demande que rien ne soit fait sans l’accord de la Serbie. Ce texte est diffusé par le cabinet de relations publiques Project Syndicate, lié, comme l’International Crisis Group (ICG), à George Soros. Il bénéficie cependant d’une diffusion bien moins massive que d’habitude pour un texte publié sous l’égide de cet organisme. Parce qu’il n’a pas (encore) trouvé preneur ou parce que sa tonalité est contraire à l’enthousiasme de l’ICG pour l’indépendance du Monténégro ?
Pour le journaliste arabe, Ali Ouhida, dans Alarabonline, l’indépendance du Monténégro n’est pas seulement une mauvaise nouvelle pour la politique de l’Union européenne dans les Balkans, c’est un coup porté à l’Union européenne en elle-même. C’est surtout une menace pour tous ses membres qui redoutent l’action de séparatistes sur leur sol. L’auteur estime que Bruxelles à tout à perdre dans cette affaire qui ouvre un processus de régionalisation accéléré de la Catalogne à la Flandre en passant par les Balkans et la Corse.
L’académicien et ancien ministre français, Jean-François Deniau, ne comprend pas ces réactions et dénonce l’attitude de la presse occidentale. Dans Le Figaro, face à une presse qui commence à s’inquiéter de la situation dans le Sud de l’Europe, l’auteur se déclare favorable à l’indépendance du Monténégro. Surtout, il brocarde la frilosité de l’Union européenne qui avait si peur du suffrage universel qu’elle a imposé l’obligation d’obtenir une majorité qualifiée. Las, une fois de plus, Bruxelles n’a pas eu de chance avec un référendum !
Mais le débat et les inquiétudes sur l’éclatement de l’Europe n’en cache-t-il pas un autre ? C’est ce que semble signifier la tribune de William Pfaff, chroniqueur de l’International Herald Tribune.
Comme la plupart de ses collègues, l’éditorialiste s’inquiète de cette indépendance et redoute un développement du séparatisme serbe en Bosnie, albanophone au Kosovo ou hongrois en Vojvodine. Pour lui, les tensions ethniques pourraient mener à de nouveaux bains de sang. Toutefois, sa conclusion laisse augurer que ce n’est pas là son principal sujet de préoccupation. Il termine en effet sur le dangereux précédent que crée cette situation et l’exemple qu’elle pourrait donner au Proche-Orient. Il met en garde Washington : l’éclatement extrême des Balkans n’est-il pas un laboratoire de ce qui pourrait advenir en Palestine si Ehud Olmert mène son plan de définition unilatéral des frontières à son terme ?
L’inquiétude n’est pas illégitime. On se souvient qu’en Bosnie-Herzégovine, feu le président Izetbegovic s’était à la fois appuyé sur le mouvement sioniste international et sur l’Iran pour créer un État islamique. Les premiers espéraient ainsi se fabriquer un nouveau cheval de Troie dans le monde musulman, tandis que les seconds voulaient prendre pied en Europe. Emporté par cette surenchère, le mouvement sioniste avait occulté l’engagement d’Izetbegovic dans les milices pro-nazie durant la Seconde Guerre mondiale pour le dépeindre comme un combattant de la liberté et avaient encouragé l’éclatement de la Yougoslavie.
C’est donc sans surprise que l’on retrouve parmi les rares commentateurs à se réjouir de l’indépendance du Monténégro, le professeur Schlomo Avineri, ancien conseiller au ministère des Affaires étrangères israéliennes. Dans le Jerusalem Post, cet éternel défenseur de toutes les séparations ethniques de part le monde, se réjouit de l’éclatement de la Serbie-Monténégro et en profite pour réitérer ses appels en faveur de l’indépendance du Kosovo. Bien entendu, c’est moins à ces États qu’il pense qu’à la situation d’Israël et des Palestiniens. Son argumentaire consiste à soutenir la création de précédents qui permettront de légitimer prochainement la formation de Bantoustans palestiniens ou l’éclatement de l’Irak.
Ces diverses réactions font réapparaître une opposition stratégique ancienne que les euro-altantistes se sont efforcés de nier depuis vingt ans : d’un côté les Anglo-Saxons représentés par l’OTAN plus Israël souhaitent une division des Balkans en États monoethniques ; de l’autre, l’Union européenne plus la Russie et la Turquie espéraient des États multiethniques. L’Histoire recule. Nous sommes revenus au Congrés de Berlin de 1878 au cours duquel le Monténégro fut reconnu internationalement pour la première fois, sous l’impulsion de l’Empire britannique pour limiter l’influence continentale de la Russie et de la France.
Dans ce débat médiatique, les populations de l’ex-Yougoslavie semblent les grandes oubliées. Rares sont les journaux qui, comme l’International Herald Tribune, donnent la parole à des ressortissants de l’État défunt. La consultante en communication, désormais, serbe, Mirjana Tomic se désole de ce fractionnement dont elle pointe tous les désavantages pour les populations autrefois membre d’un même pays : peu d’échanges entre les États nouvellement créés, disparition des lignes aériennes réunissant les deux pays et repli culturel et économique au détriment de tous.
Réseau Voltaire
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7 juin 2006
Depuis
Paris (France)
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Pays
Serbie-Monténégro
Auteurs et sources des Tribunes et décryptages
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« L’indépendance du Monténégro pourrait avoir un effet stabilisateur sur les Balkans »
Auteur
Isabelle Lasserre
Source
Le Figaro (France)
Référence « L’indépendance du Monténégro pourrait avoir un effet stabilisateur sur les Balkans », par Isabelle Lasserre, Le Figaro, 5 juin 2006.
Résumé La création d’un nouvel État dans les Balkans est-elle une bonne ou une mauvaise nouvelle ? D’après un expert, c’est surtout un non-événement, la suite logique d’un processus de décomposition de la Yougoslavie engagé il y a longtemps. La façon dont cette indépendance a été obtenue est plutôt positive si on la compare aux indépendances bosniaque et croate. Pour l’International Crisis Group, elle pourrait même avoir un effet stabilisateur.
La différence entre cette indépendance et celle des autres Républiques est que ce processus semblait inéluctable, que la constitution de l’entité serbo-monténégrine la permettait et que l’État commun de Serbie-et-Monténégro ne fonctionnait pas. Ce constat, une fois établi, n’annule pas les questions qui se posent aujourd’hui. Celles qui concernent la viabilité du Monténégro, minuscule pays de 600 000 habitants, pauvre, soupçonné de trafic et de corruption et qui ambitionne d’intégrer l’Union européenne. Et celles relatives aux conséquences régionales que ne manqueront pas de provoquer l’indépendance du Monténégro.
Comment imaginer désormais que le Kosovo ne fera pas sécession ? A Pristina, le résultat du référendum monténégrin a renforcé la certitude d’une future indépendance. Mais si elle était obtenue, les Serbes de Bosnie demanderaient leur rattachement à la Serbie dans le cadre d’un « échange ». On pourrait aussi voir éclater la Macédoine et le sentiment de frustration des Serbes pourraient se développer. Toutefois, dans une version optimiste, le départ du Monténégro permettra à la Serbie de se concentrer sur ses problèmes internes. En signant la fin du mythe de la Yougoslavie, il pourrait réveiller les Serbes et provoquer chez eux un sursaut salutaire.

« Les Balkans en procès »
Auteur
Jiri Dienstbier
Source
Korea Herald (Corée du Sud)
Référence « The Balkans now on trial », par Jiri Dienstbier, Korea Herald, 26 mai 2006.
Résumé La tragédie serbe semble devoir prendre fin. La mort de Milosevic a été suivie du référendum sur l’indépendance du Monténégro et l’indépendance du Kosovo semble proche.
Les guerres en Yougoslavie n’ont pas été qu’un test pour les peuples de ce pays aujourd’hui désintégré, elles l’ont aussi été pour la justice internationale. Et les résultats de ce test sont mitigés. Le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie existe depuis 13 ans, il a coûté 1,25 milliards de dollars et il emploie 1 200 personnes. Pourtant, il n’a condamné qu’une douzaine de prévenus et comme la majorité des condamnés sont serbes, même les opposants serbes à Milosevic le jugent partial. On peut regretter que le procès Milosevic ne soit pas parvenu à son terme ; mais même avec une condamnation en bonne et due forme, le fait que ses homologues bosniaques, albanais ou croates n’aient pas été jugés jette une ombre sur l’action du tribunal. Je pense que Milosevic aurait dû être jugé à Belgrade.
À l’exception de la Slovénie, toutes les anciennes Républiques yougoslave restent dans une situation incertaine. Les embargos ont développés les économies parallèles. Les mafias et les bombardements de l’OTAN ont nuit aux économies de tous les pays de la région. Les extrémistes réclament l’indépendance ou des redécoupages de frontières sur des bases ethniques. Actuellement, la Serbie offre au Kosovo plus que l’autonomie, mais moins que l’indépendance, et demande des garanties de sécurité pour les minorités serbes. Il est essentiel de parvenir à une solution négociée avec la Serbie sur cepoint. Toute autre solution développerait la violence.

« La mort de la Yougoslavie au Monténégro »
Auteur
Ali Ouhida
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Ali Ouhida est journaliste dans le quotidien AlarabOnline, basé à Londres. Il travaille depuis Bruxelles, d’où il est correspondant de plusieurs publications telles Palestine-info et d’autres. Il est spécialisé dans les affaires de l’Union européenne.
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Source
Alarabonline.org
Référence « وفاة يوغسلافيا في الجبل الأسود », par Ali Ouhida, Alarabonline , 24 mai 2006.
Résumé L’annonce officielle de l’indépendance du Monténégro représente la fin de ce qui est appelé, jadis, l’Union yougoslave. Elle place l’Europe dans une situation délicate pas seulement dans les Balkans, mais dans tout son projet d’intégration, puisque Bruxelles a affiché, depuis longtemps, son refus de permettre la naissance de nouveaux petits États dans la région.
La France, l’Espagne et la Belgique envisagent le même problème successivement en Corse, en Catalogne ou en Flandres. C’est un phénomène qui touche aussi maintes régions du Caucase et qui met l’OTAN et l’Union européenne devant une équation très compliquée à résoudre.
Nous ne pouvons pas encore évaluer l’influence de l’indépendance monténégrine sur les négociations entre les 25, la Serbie et le Monténégro à propos du pacte de stabilité et de coopération, qui est le premier pas pour rejoindre l’Union européenne.
La nouvelle situation risque d’influencer gravement les relations entre la Serbie et l’Union européenne. Surtout que certains leaders de Monténégro se sont déjà attaqués à Javier Solana en l’accusant de vouloir truquer les résultats du référendum du 4 juin.
La république Serbe reste le seul héritier légal de l’ancienne entité yougoslave. Pourtant, la crainte européenne de l’indépendance du Monténégro est due en premier lieu aux retombées d’un tel événement au Kosovo, où la population désire appliquer l’exemple monténégrin.
L’indépendance de Monténégro peut être conçue comme un coup dur au rapprochement serbo-européen, et comme un soutien aux nationalistes serbes à Belgrade qui sont sous la pression durable des atlantistes.

« Qui a peur de l’indépendance du Monténégro ? »
Auteur
Jean-François Deniau
Source
Le Figaro (France)
Référence « Qui a peur de l’indépendance du Monténégro ? », par Jean-François Deniau, Le Figaro, 27 mai 2006.
Résumé Le processus qui a mené à l’indépendance du Monténégro est une leçon de démocratie. Pourtant, la France, l’Europe et les médias occidentaux l’accueillent avec frilosité. Les Nations Unies sont frileuses face à chaque changements de frontières et l’Europe va être obligée de rajouter un siège à la Commission européenne et au Conseil des ministres. Certes, les changements de frontières ne sont pas sans dangers et ils doivent rester exceptionnels, mais ils sont préférables au maintien de frontières artificielles.
Ce vote est une leçon pour l’Europe et la France qui ont essayé, en fixant à 55 % des voix l’obtention de l’indépendance, d’éviter ce résultat. Qui aurait osé exiger, par exemple, que le référendum en France emporte plus de 55% de voix positives ? Maastricht, à ce tarif, n’était pas ratifié. Étrange précédent qui, lui aussi, a ses dangers. La politique européenne française a toujours manifesté une sorte de mépris pour les États « petits » ou « moyens », ne voulant parler qu’aux « grands » et jouer un rôle entre les « grands ». Cette attitude condescendante nous a plus ou moins brouillés avec la moitié centrale et orientale de l’Europe, des pays Baltes aux Balkans.
France, pays des droits de l’homme... Cette formule sans cesse répétée, brandie comme un drapeau, a le don de susciter une ironie pas toujours amicale dans le monde entier. Nous sommes pour le suffrage universel ? Apprenons à respecter le suffrage universel, y compris chez les autres.

« Les fantômes des Balkans se réveillent »
Auteur
William Pfaff
Source
International Herald Tribune (France)
Référence « Balkan ghosts awakened », par William Pfaff, International Herald Tribune, 6 juin 2006.
Résumé Milovan Djilas fut un des plus proches conseillers de Tito pendant la résistance à l’occupation nazie et beaucoup le considéraient comme son dauphin. Il fut finalement le premier et le plus célèbre des dissidents yougoslaves après avoir critiqué la construction d’une nouvelle aristocratie dans les régimes communistes. Djilas était monténégrin et il considérait que sa famille était typiquement monténégrine car chaque génération avait connu la mort de membres de sa famille de la main d’autres Monténégrins. Cela illustre l’histoire tourmentée de ce pays.
Au XIVième siècle, le Monténégro était une principauté semi-indépendante de Serbie et elle résista à l’invasion turque. Devenue indépendante à l’époque moderne, elle vota en 1918 en faveur de son rattachement à la Serbie et ces deux pays formèrent le cœur de la Yougoslavie. Mais le passé indépendant ne fut jamais oublié et dimanche, 55 % des Monténégrins ont voté en faveur de l’indépendance. Parmi eux, on compte 16 000 expatriés qui sont revenus spécialement pour le scrutin. Le referendum met fin à une union avec la Serbie qui n’avait déjà plus de substance.
Les conséquences pour la région ne sont pas claires. Cela pourrait avoir un impact immédiat sur le Kosovo. L’Union européenne craint également que les Serbes de Bosnie ne fassent sécession, tout comme les Hongrois de Vojvodine. On pourrait aller vers un nouveau bain de sang à la moindre provocation, mais personne ne propose de solutions.
Washington ne s’intéresse plus à la région, mais il a tort. En effet, si le plan qu’Ehud Olmert propose pour enterrer la « feuille de route » abouti, c’est à une balkanisation de tout le Proche-Orient auquel on assistera, il faut donc être attentif à ce qui se passe en ex-Yougoslavie.

« La suite : l’indépendance du Kosovo »
Auteur
Shlomo Avineri
Source
Jerusalem Post (Israël)
Référence « Next - independence for Kosovo->http://www.jpost.com/servlet/Satell...] », par Shlomo Avineri, Jerusalem Post, 26 mai 2006.
Résumé Dimanche, une majorité d’électeurs monténégrins ont voté en faveur de l’indépendance de leur pays. En 1941, c’était l’hégémonisme serbe qui avait entraîné une première désintégration de la Yougoslavie après l’invasion nazie. Tito avait par la suite reconstruit le pays en mettant en place un complexe système de contre-pouvoir entre communautés. Ce système ne lui a toutefois pas survécu longtemps. La Yougoslavie est morte et a donné naissance à quatre nouveaux États : la Croatie, la Macédoine, la Slovénie et la Bosnie. Aujourd’hui, le Monténégro prend son indépendance et met fin au semblant d’union qu’il formait avec la Serbie.
Mais il reste une tâche inachevée : le Kosovo. Cette région est sous protectorat onusien depuis que l’OTAN a empêché un nettoyage ethnique massif. Aujourd’hui, 95 % de cette région est composée par l’ethnie albanaise, mais les Serbes continuent de la considérer comme un centre historique de leur peuple. Les Albanais du Kosovo réclament leur droit à l’autodétermination et ils ont droit à leur indépendance, comme les Palestiniens, même si certaines zones serbes devraient rester, un temps, sous protection internationale.
Il faut rassurer les Serbes, tout en parvenant à l’indépendance du Kosovo.

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Sondage 11-09
42 % des états-uniens doutent de le version officielle
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